Compte rendu de la conférence du 27 août 2026 de Diane Samuel et Bruno Alklil traitant de l’aide suisse à la reconstruction du Vercors après la guerre.
Par Thomas GINDRAT, SEPTEMBRE 2026.
La conférence du 27 août 2026 de Diane Samuel et Bruno Alklil traite de l’aide suisse à la reconstruction du Vercors après la guerre (1). Haut lieu de la Résistance française, le Vercors est une vallée enclavée entre des barrières montagneuse formant un obstacle naturel, déjà utilisés par les Protestants durant Guerres de Religion (XVI – XVIIe siècle). En 1944, la Résistance française y concentre ses troupes pour aider les débarquements alliés qui ont commencé en Normandie puis en Provence. Gêner les déplacements allemands sur la vallée du Rhône et faire la jonction avec les alliés était le plan initial. Mais la lenteur de la progression alliée laisse le temps à la Wehrmacht de prendre d’assaut le massif. Il est bien spécifié que ce n’est pas la Gestapo qui a opéré la répression au Vercors mais bien l’armée régulière, dont des troupes venue du front du l’Est. La politique de la terre brûlée et le massacre des villages accusés d’abriter des résistants (Vassieux) émeuvent en Suisse avant même la fin de la guerre.

Des journalistes, puis la société civile préparent une aide pour les montagnards du Vercors et informent la population suisse du drame. Le gouvernement, d’abord réticent, finit par inclure cette aide dans son plan du «Don Suisse». Cette organisation était un mini Plan Marshall avant l’heure: la Suisse aide matériellement et financièrement des pays proches ou lointains de 1945 à 1949. Bien que réduite, cette aide se retrouve jusqu’en Allemagne occupée et en Italie, voir en Finlande. Le but, humanitaire, contribue aussi à redresser de futurs partenaires commerciaux. Dans le Vercors, outre la collecte de fonds par dons, bulletins et timbres surtaxés, l’aide se traduit par l’envoi de vaches Simmenthal et des premiers tracteurs jamais vus dans le massif. Des colons suisses viennent servir d’ouvriers agricoles et reconstruire les habitations, à côté de prisonniers allemands. Certaines maisons bâties par les Suisses sont encore debout. Cet épisode reste oublié jusqu’au 21 juillet juillet 2026 où, lors des commémorations du massacre à Vassieux, un drapeau suisse figure finalement parmi des bannières de l’armée française.
(1) La conférence sera reconduite le 24 septembre à la Bibliothèque de Genève, (BGE) à 18h30, Promenade des Bastions 8, entrée gratuite, dans un cadre légèrement différent (discussion sur le Rapport Bergier) (lien).