OUVRAGES PRÉSENTÉS EN 2023

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TABLE DES MATIÈRES DES OUVRAGES PRÉSENTÉS EN 2023

. ASG; GeoAgenda 4 / 2022; Association suisse de géographie (ASG); Neuchâtel;
. Gras Cédric, Alpinistes de Mao, Stock, Paris, 2023, 300 p, 20.90 €
. Hamon Hervé; L’Abeille d’Ouessant; 384 p, 1999, Seuil; Paris; 7.95 €
. Ferlinghetti Lawrence; La Vie vagabonde. Carnets de route (1960-2010), Points Seuil, Paris, 2019, 608 p., 12 €
. Kauffmann, Jean-Paul, L’Arche des Kerguelen. Voyage aux îles de la Désolation; Flammarion, 1993, 252 p., 8.70 €
. Kauffmann, Jean-Paul, Remonter la Marne; Le Livre de Poche; Paris; 2014, 320 p., 7.90 €
. Ndjékéry Nétonon Noël; Il n’y a pas d’arc-en-ciel au paradis; 2022; Hélice Hélas; 376 p., 28 CHF, 20 €
. Rolin Jean, Crac, P.O.L., Paris, 2019, 192 p., 18 € (également en éd. de poche)
. Rolin Jean, Le Pont de Bezons, P.O.L., Paris, 2020, 240 p., 19 € (également en éd. de poche)
. Roth Simon et Hubert Samuel; Le Valais à la carte. La cartographie valaisanne à travers les âges; Editions Monographic; Sierre; 2023; 152 p, 230 x 290 mm ; 50 CHF

LISTE DES RECENSIONS de 2023

. Bätzing Werner et Rougier Henri; Les Alpes. Un foyer de civilisation au cœur de l’Europe, LEP Éditions Loisirs et Pédagogie SA, Le Mont-sur-Lausanne, 2005, 515 page, 59 CHF, présenté par Roland Meige
https://sgeo-ge.ch/les-alpes-de-werner-batzing-et-henri-rougier-presente-par-roland-meige/

. Jubber Nicholas; Sur les chemins nomades. De l’Atlas à Tombouctou, Les Éditions Noir sur Blanc, Lausanne 2021, 432 pages, 24 €, présenté par Roland Meige
https://sgeo-ge.ch/sur-les-chemins-nomades-de-latlas-a-tombouctou-de-nicholas-jubber-presente-par-roland-meige/

. Steinbeck John; Capa Robert (photographies), Journal Russe, Gallimard, 304 pages, 69 ill., 190 x 240 mm, 39 €, présenté par Roland Meige
https://sgeo-ge.ch/journal-russe-de-john-steinbeck-et-robert-capa-photographies-presente-par-roland-meige/

PRÉSENTATIONS DÉTAILLÉES

GeoAgenda 4 / 2022; Association suisse de géographie (ASG); Neuchâtel;
https://swissgeography.ch/fr/geoagenda

Gras Cédric, Alpinistes de Mao, Stock, Paris, 2023, 300 p, 20.90 €

Ils s’appelaient Xu Djin et Liu Lianman, n’avaient jamais vu de montagnes auparavant et encore moins pratiqué l’alpinisme de quelque façon que ce soit. En 1960, le Parti communiste chinois les élève au grade de «  désignés volontaires  » et leur commande ainsi qu’aux camarades qui les accompagnent de conquérir le Qomolangma, tel que les gens du cru désignent l’Everest depuis toujours. Mission supplémentaire, ils sont tenus de déposer sur le toit du monde (8849 mètres) un buste de Mao Zedong en un geste symbolique supposé souligner la conquête définitive du Tibet. Le climat de propagande est tel que l’opinion du pays tout entier néglige que la plus haute montagne de la planète a été vaincue une première fois sept ans plus tôt depuis le versant népalais par Edmund Hillary et Tensing Norgay.

Au terme d’une enquête approfondie, Cédric Gras qui a fréquenté ces confins à plusieurs reprises, restitue, sur fond de famine paysanne et de répression à grande échelle, cette ascension nimbée de mystère et de mensonges. Ces spécialistes improvisés côtoient la mort qui sans cesse menace, et les corps bien réels de Sandy Irvine et George Mallory, disparus en 1924. Malgré leur dévouement et leur obstination, Xu Djin et Liu Lianman n’en finiront pas moins dans un camp de rééducation de la Révolution culturelle avant d’emporter dans leurs tombes les secrets himalayens du régime chinois.

Avec le savoir-faire qu’on lui connaît, grâce à toute une série de documents inédits, en mandarin en en russe, Cédric Gras a reconstitué le destin hors-norme de ces prolétaires que rien ne prédestinait au vertige des cimes.

Né en 1982, Cédric Gras a suivi des études de géographie à travers le monde et dirigé différentes Alliances françaises dans l’espace post-soviétique. Il continue aujourd’hui de sillonner les immensités eurasiatiques pour ses écrits et des films. Il a publié chez Stock L’Hiver aux trousses (2015), Anthracite (2016), Saisons du voyage (2018) et Alpinistes de Staline (prix Albert Londres du livre 2020).

Hamon Hervé; L’Abeille d’Ouessant; 384 p, 1999, Seuil; Paris; 7.95 €

L’Abeille Flandre fut l’un des plus puissants remorqueurs de haute mer du monde, en station à Brest. Vingt-quatre heures par jour, 365 jours par an, sa mission était de garder Ouessant, le cap Horn de l’Europe. Hervé Hamon a partagé pendant dix huit mois le quotidien des chasseurs de tempête : le travail sur le pont, les nuits de veille, et les dangers d’un métier où l’on risque librement sa vie pour en sauver d’autres.
Hervé Hamon est écrivain, éditeur et cinéaste. Son ouvrage Besoin de mer a reçu le prix Henri Queffélec du livre maritime et Le Livre des tempêtes le prix Nadar. Il a été élu écrivain de marine. Il est également le coauteur, avec Patrick Rotman, de maintes grandes enquêtes, dont Génération, disponible en Points

Ferlinghetti Lawrence; La Vie vagabonde. Carnets de route (1960-2010), Points Seuil, Paris, 2019, 608 p., 12 €

Sans lui, la Beat Generation n’aurait pas existé. Lawrence Ferlinghetti, du haut de ses 100 printemps, en est la dernière voix vive et l’âme secrète. Fondateur de la librairie City Lights à San Francisco, qui fut le laboratoire d’où jaillirent les œuvres de Kerouac, Corso, Ginsberg et consorts, Ferlinghetti lui-même a toujours refusé d’être considéré comme un écrivain beat. Pourtant, sa Vie vagabonde prouve avec panache qu’il fut bel et bien l’un des artisans les plus exceptionnels de ce mouvement, et l’un des poètes majeurs du vingtième siècle américain.
Cinquante années durant, cet homme aux semelles de vent aura bourlingué d’un bout à l’autre de la planète, les poches remplies de carnets et de bouts de crayon. De La Havane à l’Australie, des plages de Bélize aux pavés de Paris, du Transsibérien au Nicaragua en passant par les grands-routes de l’Amérique – Ferlinghetti est partout, tout le temps, et rencontre tout le monde : Castro et Neruda, les plumes dissidentes de l’Union soviétique et les chantres de la révolution internationale, Ezra Pound et William S. Burroughs – et, surtout, les mille et un visages anonymes d’une humanité que le poète, en digne héritier de Whitman, ne cesse de chanter avec passion, émerveillement et générosité.
Pris sur le vif, animé d’une énergie staccato furieusement beat, ponctué de dessins et de poèmes, tour à tour lyrique, drôle, indigné ou halluciné, ce journal de bord nous livre le témoignage d’un homme profondément engagé qui a traversé le siècle et, à lui seul, le résume.
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Richard
Lawrence Ferlinghetti est né le 24 mars 1919 à Yonkers, dans l’État de New York. Poète, éditeur, libraire, peintre, militant et voyageur au long cours, il est le fondateur de la mythique librairie City Lights à San Francisco.

Kauffmann, Jean-Paul, L’Arche des Kerguelen. Voyage aux îles de la Désolation; Flammarion, 1993, 252 p., 8.70 €

« Aux Kerguelen, archipel français perdu des mers australes, il y a beaucoup de messages abandonnés dans des bouteilles mais nul ne les a retrouvés. Depuis quarante ans, je me prépare à ce voyage. J’irai à Port-Christmas pour découvrir l’arche des Kerguelen. Cette voûte de cent trois mètres de hauteur, qui stupéfia tant de navigateurs, évoque l’entrée d’une crypte. Le sens caché de cette France australe longtemps maudite s’y trouve peut-être dissimulé.
Ces îles dites de la Désolation, où règne le vent, passent pour être le point le plus isolé du globe. La solitude y est extrême, rompue seulement par des troupeaux de mouflons, des régiments de chats sauvages, des lapins cachés dans les prairies profondes. On retrouve des tombes partout. Ce que j’entreprends n’est pas un voyage initiatique. Il n’y a pas de Graal à découvrir dans ce district mystérieux que le chevalier de Kerguelen, emprisonné après avoir découvert ces îles en 1772, appelait le « troisième monde ». » J.-P. K.

Kauffmann, Jean-Paul, Remonter la Marne; Le Livre de Poche; Paris; 2014, 320 p., 7.90 €

Remonter à pied la Marne, depuis sa confluence avec la Seine jusqu’à la source, a été pour Jean-Paul Kauffmann une odyssée à travers les paysages d’une France inconnue. L’aventureuse histoire de notre pays lui est apparue à la lumière du présent. Il y a découvert la France des « conjurateurs », ces indociles qui résistent à la maussaderie et chassent les esprits maléfiques d’aujourd’hui. Remonter la Marne, ce n’est pas revenir en arrière et pleurer le passé, mais plutôt se perdre pour mieux renaître. La marche a permis d’entretenir ce rapport profond au temps, au silence, aux rencontres.

Ndjékéry Nétonon Noël; Il n’y a pas d’arc-en-ciel au paradis; 2022; Hélice Hélas; 376 p., 28 CHF, 20 €

Plongée dans les horreurs de la traite négrière transsaharienne. Des caravanes en partance pour la péninsule arabique, en passant par la colonisation française, l’enrôlement des tirailleurs africains jusqu’à l’essor du mouvement djihadiste Boko Haram, Nétonon Noël Ndjékéry explore 200 ans d’histoire de la privation de liberté et de l’exploitation humaine dans la région de l’actuel Tchad. En parallèle, à travers le récit de la fuite du jeune esclave Tomasta et de ses compagnons de route, l’auteur élabore une utopie subtile : celle d’une société afropolitaine, solidaire et ouverte à la diversité ainsi qu’à sa propre histoire.

Rolin Jean, Crac, P.O.L., Paris, 2019, 192 p., 18 € (également en éd. de poche)

« Entre Lawrence et moi, il y a au moins ceci de commun qu’à un peu plus d’un demi-siècle de distance, nous avons passé l’un et l’autre une partie de notre enfance à Dinard. » Et Jean Rolin s’attache, dans ce nouveau livre, à partager un petit plus encore avec celui que l’on a appelé Lawrence d’Arabie…En partant sur ses traces, aujourd’hui, au Moyen Orient.En 1909, l’année de son vingt et unième anniversaire, T. E. Lawrence, qui n’est pas encore « d’ Arabie », entreprend en plein été une marche de près de 1800 kilomètres, au Moyen-Orient, afin de visiter quelque trente-cinq châteaux-forts datant de l’époque des Croisades. Lors des trois étés précédents, il a parcouru la France à bicyclette, visitant presque tout ce que ce pays compte de châteaux-forts afin d’étayer sa thèse de fin d’études à Oxford, consacrée à « L’influence des Croisades sur l’architecture militaire en Europe ».Crac est le récit d’un voyage effectué en 2017/2018, au Moyen-Orient, sur les traces de Lawrence, et guidé par les lettres de celui-ci, avec une insistance particulière sur ceux des châteaux de la région, tel Beaufort dans le sud du Liban, ou en Syrie le Crac des chevaliers (ou Krak), ou le château de Saône/Saladin, ou encore la forteresse de Kerak en Jordanie, auxquels des conflits récents ont conféré un regain d’actualité. Mais avec ce récit Jean Rolin fait bien plus que mettre ses pas dans ceux de Lawrence d’Arabie, il nous confronte subtilement aux errements de notre histoire, et à ses propres mésaventures…« Ainsi avais-je couru, pour finir, en Mercedes et sous la conduite de Charbel, après un château que Lawrence lui-même n’avait pas vu. »

Rolin Jean, Le Pont de Bezons, P.O.L., Paris, 2020, 240 p., 19 € (également en éd. de poche)

« Heureux qui a vu le jour se lever sur le pont de Bezons ». C’est la première phrase de ce roman dont le projet consiste « à mener sur les berges de la Seine, entre Melun et Mantes des reconnaissances aléatoires, au fil des saisons, dans un désordre voulu ». Mais très rapidement ces déambulations prennent des allures de petite odyssée sur les berges du fleuve, au cœur de banlieues bousculées, parcourant des espaces fracassés, des friches et des zones industrielles. Traversée du monde d’à côté, celui que nous ne voyons plus depuis des décennies. De micro évènements prennent une tournure fatale et romanesque, comme la fermeture d’un Mc Donald’s à Bezons ou des parties de pêche organisées par des Rroms. On y croise des réfugiés tibétains sur une péniche à Conflans, un café kurde révolutionnaire à Corbeil, un restaurant brésilien, des mosquées salafistes à Saint-Denis, une base assez confidentielle de la marine nationale. C’est le roman discret d’un monde bouleversant de solitude, d’oublis, de ruines et de décomposition.
Au cœur de ce parcours, il y a aussi les retrouvailles avec une vieille cousine et la maison de Carrières- sous-bois qui cache un secret de famille que le narrateur révèle pour la première fois : le fantôme de l’oncle Joseph. Mais le chaos de ce monde périphérique, sous le regard aigu du narrateur, cache lui aussi un mystère : la présence de toute une vie sauvage et animale nichée souvent dans d’improbables lieux. Oiseaux rares, cygnes sauvages, poissons… Avec humour, Jean Rolin traque les détails des existences, des paysages, des lieux, et les traces historiques d’un décor périurbain qui devient sous nos yeux le roman contemporain de notre abandon.

Roth Simon et Hubert Samuel; Le Valais à la carte. La cartographie valaisanne à travers les âges; Editions Monographic; Sierre; 2023; 152 p, 230 x 290 mm ; 50 CHF

Plus de 1000 cartes imprimées liées au Valais ont été rassemblées au cours des décennies dans la collection de la Médiathèque Valais-Sion. Elle couvre une période allant du milieu du XVe siècle à nos jours, et aborde des thématiques très différentes. Ce livre, qui accompagne une exposition aux Arsenaux, vous présente un bel et riche échantillon des trésors de l’institution. Dans ce domaine fascinant, les techniques d’impression ont bien évolué, tout comme les connaissances techniques, les modes de calcul et les représentations. Les bois gravés des livres de la Renaissance, puis les gravures sur cuivre et la lithographie du XIXe siècle ont laissé la place principale à la version numérisée.
Cet ouvrage permet de découvrir l’extraordinaire foisonnement des représentations cartographiques du canton du Valais, de Ptolémée aux cartes officielles actuelles. Il évoque également les principales conventions qui se sont cristallisées, et régissent le monde des cartes. Sans oublier l’univers de la toponymie et ses querelles locales, l’enseignement de la géographie à l’école qui a marqué bien des esprits, l’émergence de la carte touristique sous de multiples formes, les cartes liées à Tolkien et à la littérature ou encore celles de tous les projets rêvés et non réalisés. Avec, pour conclure, les créations des graphistes et des artistes.